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Le bonheur au couteau

Le 06-07-2008 à 22:31

soleil couchant

Je rentrai hier soir, le sourire à la bouche, des bulles de champagne plein les veines. Je sentis l'odeur du métro s'échapper de l'escalier, clos en bas par une grille. J'étais bien.

J'ai eu envie de l'écrire, comme une texte au couteau. Rien ne coule de source. Ce qui coule c'est l'alcool, qui me révèle moi, joyeux, et sociable - enfin parfois. Qui m'ôte la peur, celle des gens / enfin déjà de ceux envers qui je n'ai aucune intention. Celui qui me rend lucide aussi, quand vient la fin de soirée, seul.

C'est l'été qui commence, je suis heureux dans la fête et dans le bruit. J'attends le calme du mois d'août pour voir si ça tient toujours.
J'attends de l'être au soleil des vacances, à la tranquillité des livres et des amis. J'attends le test du fragile équilibre qui peu à peu s'instaure.
J'attends de le partager.

  • De : Chondre le 07-07-2008 à 17:24
  • Des bulles de champagne plein les veines : Quelle décadence.
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Combinaisons

Le 14-06-2008 à 02:10

ombres sur la page

Quelle raison pour que ça tombe comme ça un jour, que l'alcool joyeux, pour de vrai, pas une façade en plus - la vraie joie - cache un trou dans la muraille ?

Quelle chance pour qu'il pleuve à verses en plein juin ?

Quelle probabilité pour que tous les trains dans lesquels je monte depuis trois jours s'arrêtent au milieu de nulle part, que l'un d'eux me ramène de mon ancien travail où j'avais une réunion, et qu'assis sur le strapontin je puisse regarder l'un des plus beaux garçons que j'aie jamais vu, sans même qu'il s'en aperçoive ?

Quelle raison pour que j'observe les ombres projetées par les graffitis rayés sur les vitres d'un RER projetées sur mon livre se déformer et m'enchanter comme des caractères d'un alphabet inconnu ?

Quelle futilité qu'un épisode d'une série anglaise coïncide avec le début du combat, pour redevenir social et joyeux, pour que l'enfant chétif et blessé se relève et regarde devant lui à nouveau ?

Quel soulagement d'entrevoir que dans un jour, peut-être une semaine, le monde aura tourné, dans un enchaînement de millions d'instants improbables, de leur combinaison chaotique, et que j'y serai à nouveau souriant et joyeux.

Que ça sorte

Le 01-06-2008 à 19:04

Un sablier

Nous étions cinq ou six, passant devant Beaubourg au lever du jour, nous rentrions du Tango, je ne connaissais que très peu les autres, nous riions, ça aurait pu être très simple, simplement se sentir bien, profiter de l'instant. C'est en partie ce qui s'est passé. C'est en tout cas ce que le masque a dit. Le masque arboré pour l'occasion, pour toutes les occasions, celui que je donne en pâture, celui que parfois même je mets pour regarder le miroir.

On n'imagine pas la dureté des mots qu'on a pour soi, la détresse de rentrer seul, non pas une fois, mais encore et encore, regarder le monde se faire et se défaire autour de soi, spectateur d'un tout qui nous entoure et qui nous échappe.

On n'imagine pas se détester parce qu'on est devenu dans le besoin, misérable obsédé de la présence d'un autre, l'éponge affective qu'on s'était juré de ne jamais être.

On n'imagine pas la terreur d'aller adresser la parole, juste un bonsoir, et faire un grand sourire, cesser juste un instant de s'excuser d'exister.

On n'imagine pas la peur, panique de prendre le mauvais wagon, d'entrer par la mauvaise porte, de s'asseoir juste un rang trop loin, et de rater ce qui semble être la seule occasion restante de rencontrer l'homme de sa vie. On imagine pas que chaque trajet devienne une angoisse.

On n'imagine pas sortir la tête de l'eau et respirer à nouveau.

  • De : matorif le 02-06-2008 à 01:07
  • ...
  • De : Vivi le 02-06-2008 à 14:58
  • et bien ! Ne te pose pas tant de questions, la vie réserve toujours de bonnes surprises mais être à l'affût de ces petites lumières ne changera rien. Sois dans la vie, dans le présent, sans te retourner le cerveau ! ;-) Des bisous de la poule couveuse
  • De : MarcelD le 13-06-2008 à 16:32
  • Si! Moi j'imagine très bien, trop bien même, je me reconnais dans toi. Seulement voilà, un jour j'ai dit "banco!" Une claque! J'ai recommencé et re-recommencé me suis pris des claques et aujourd'hui ça va mieux, mais je n'oublie pas que je me suis trop longtemps excuser de vivre.
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