Le fauteuil vide
Le 05-10-2008 à 21:46

Il m'arrive parfois d'oublier son visage, ou ce que nous pouvions bien nous dire. Il m'arrive parfois d'oublier mon bonheur d'alors. Mais j'ai gardé ce parapluie acheté sous l'averse, j'ai toujours en tête le fromage du dernier soir, en regardant le fauteuil vide à côté de moi, venu seul avec deux billets je me souviens bien du futon laissé déplié au moins une semaine après son départ, moi me vautrant dans quelques larmes et des souvenirs encore vifs.
J'ai enchaîné les histoires d'une nuit, d'un soir, d'une heure, j'ai traîné, je me suis dépossédé de moi-même, et j'ai tué, achevé le besoin de lui. Et j'ai pourchassé le sentiment de solitude, ce besoin d'être deux, je voulais achever la niaiserie romantique au couteau de ma chair, être l'homme machine, celui qui n'a pas besoin, trouver le vrai moi. Et chaque incursion m'en rapproche d'avantage, et chaque incursion m'éloigne d'avantage de ce que je croyais y trouver, et me prépare un peu plus pour l'amour prochain, me rends un peu plus sûr de savoir le vivre lorsqu'il sera temps.
Il m'arrive parfois d'oublier sa voix, mais jamais le grain de sa peau. Et je souris maintenant, un peu du bonheur passé, et beaucoup de ceux à venir.
- De : Matoo le 05-10-2008 à 22:50
- Ce billet mon Henrichou, il est particulièrement beau (enfin à mon avis). ;)
- De : Jonathan D. le 06-10-2008 à 09:51
- Cela explique ton long silence ?
- De : matorif le 06-10-2008 à 11:15
- je partage l'avis de Matoo ! c'est beau, mais triste, mais beau ! :D
- De : Nicolas Bleusher le 06-10-2008 à 12:13
- Il faut du temps. Autant de temps, dit-on, à tourner la page que de temps à l'avoir écrite. J'aime beaucoup la première partie du billet.
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