(Vide)
Le 13-04-2006 à 07:50

"Heureux celui qui chaque jour a Phyllide sous les yeux et n'en a jamais fini de voir ce qu'elle contient" t'exclames-tu, au regret de devoir quitter la ville après n'avoir fait que l'effleurer du regard
Le terminal d'embarquement, c'est déjà un peu le retour. Derniers pas sur le balcon qui surplombe l'aeroport, la queue avant de monter dans l'appareil, la bande de vieux qui rale, on n'est plus tout à fait à l'étranger déjà. Vol sans histoire, arrivée comme toujours dans l'aeroport que j'aimerais ne pas reconnaitre comme celui de chez moi tant il fait honte, parfois
Le taxi que j'attrappe à Opéra, par flemme de rentrer en métro avec mon sac a un fort accent de la banlieue. Il me raconte comme personne ne le considère comme Français alors qu'il est né ici, comment il voudrait partir aux Etats Unis parce qu'ici on ne met pas le travail en avant comme un valeur motrice de la sociéte; il commente le décoleté des filles dans la rue. Je le laisse parler, je répond même, je n'ai pas le courage d'imposer un silence, encore moins celui de débattre. J'aimerais qu'il trouve des raisons de garder le sourire.
J'ouvre le sac et j'en sors les affaires, elles sont vite triées, j'essaye de garder un instant de plus l'appartement dans un état rangé, prétendre que je ne suis pas là. Je n'ai envie d'entendre personne au téléphone, je ne veux voir personne non plus, je veux juste prolonger encore l'illusion d'être ailleurs, l'illusion que le retour à la même petite vie n'est pas ineluctable.
Il fait encore jour à 20h30, la ville klaxonne, rouspète, se stresse. Juste le temps de déscendre acheter une baguette, je retrouve ma SDF, le bruit de la térasse du "bar du marché", les rires, la petite rue, inutile de nier, je suis bien chez moi.
Au petit matin je ne dors plus. Je sors avant que le soleil ne se lève, je reprends possession des rues, des monuments, je fait le tour, contemple la Seine, j'achète dans une boulangerie tout juste ouverte de quoi soigner, pour une dernière fois, mon petit déjeuner, et je refuse une dernière fois aux choses le retour à leur place.
- De : Matoo le 13-04-2006 à 10:54
- Ouai mais quand même, t'étais content de la retrouver la boulange non ??? :)
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