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Errance

Le 25-07-2005 à 22:49

Les cables d'un puits rouillé

Pourtant je ne serai plus jamais le même. Mon entourage ne s'en rendra pas compte, parce que rien dans mon apparence n'aura changé. Mais quelque chose en moi aura disparu, se sera consumé.

C'est l'histoire de l'éternel recommencement, le sang neuf qui arrive, et qui bouillonne de nouveauté. Paris provoque, Paris attire et repousse les foules des jeunes blancs becs, moi le premier, et à notre tour, nous sommes les premiers à tout découvrir.

Bien sûr comme tous ceux ou presque qui y vivent, la proximité m'a éteint ses lumières, ses possibilités aussi, le nez collé sur le tableau je n'en vois plus les ficelles, ce qui en faisait vraiment le champ des possibles, son étendue culturelle, sa richesse. Comme tous ceux ou presque qui y disparaissent, j'y vois maintenant son côté pratique, l'occasion de prendre son souffle et de disparaître sous la masse informe de l'anonymat; Paris nous cache et nous avale en même temps.

Devenue mon quotidien, elle a pris les couleur d'un quotidien, le voile opaque qui cloître l'objectif dans un sac de toile, le défaut de vision qui lisse tout.

Et comme beaucoup de jeunes blancs becs avant moi, je trouve le premier qu'il manque cruellement d'un espace où je puisse être seul, dans la pelouse, au soleil, au bord de l'eau. L'herbe y serait verte, en bonne santé, comme au Luxembourg, seulement un peu plus folle, un peu plus libre. Le soir, l'eau y serait orange, des reflets du couchant, comme la Seine, sans les frégates de touristes. L'air y serait frais, un peu comme en juin, sauf pour le bruit des voitures.

Et j'y lirais un livre, un peu comme ce soir, sauf que tout irait bien.

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